L’Assemblée nationale a validé l’instauration du paquet de cigarettes neutre

L’Assemblée nationale a validé l’instauration du paquet de cigarettes neutre

Le mercredi 25 novembre, l’Assemblée nationale a validé d’une très courte tête l’instauration du paquet de cigarettes neutre à partir de mai 2016.

Malgré toutes les alertes lancées ces derniers mois par les médecins, les scientifiques et plus simplement les vapoteurs, les pouvoirs publics ont donc choisi de mettre un nouveau coup violent à la e-cigarette libre.  Il sera donc prochainement interdit de faire sa publicité et de vapoter dans de nombreux lieux publics. Restrictions auxquelles il faudra rapidement ajouter celles liées à la Directive européenne sur les Produits du Tabac.

L’association de défense des vapoteurs va maintenant se tourner vers le Conseil d’Etat qui en octobre 2014 avait déjà émis des réserves concernant les interdictions dont était victime la cigarette électronique.

Des chercheurs de l’Université de Harvard (Massachusetts, Etats-Unis) mettent en garde les adeptes de la cigarette électronique sur la présence dans les liquides d’une substance pouvant, sous certaines conditions, être à l’origine d’une maladie pulmonaire rare, mais grave et potentiellement mortelle : la bronchiolite oblitérante.

La substance mise en cause ?

Le diacétyle, un additif alimentaire très utilisé dans l’industrie agro-alimentaire pour donner une saveur de beurre ou de fromage. Si ces informations peuvent légitimement inquiéter les vapoteurs, il faut savoir que les normes Afnor adoptées en France en mai 2015 ont anticipé le problème. “La norme XP90-300 interdit l’utilisation de diacétyle dans les produits de la cigarette électronique. Les liquides fabriqués en France sont donc en principe exempts de cette substance, quelle que soit la saveur”.

L’UE s’apprête à adopter une législation liberticide sur la cigarette électronique, qui ira à l’encontre de la santé publique et servira sur un plateau le marché de la cigarette électronique à l’industrie du tabac, à qui le phénomène a échappé jusqu’à maintenant.

La cigarette électronique a été classée comme « produit du tabac » par l’UE.

Voici donc les mesures proposées :

  • Les flacons d’e-liquides de plus de 10 ml seront interdits.
  • Le système devra fournir un taux de nicotine continue (aucun système actuel ne répond à cette exigence).
  • Les produits seront taxés pour financer « des études sur les produits ».
  • Les clearomiseurs de plus de 2 ml seront interdits.
  • La communication autour de la vape (Blog / Groupe Facebook / Youtube …) y compris la publicité sera interdite.
  • Chaque état aura le droit d’interdire la vente en ligne.
  • Les fabricants devront monter un dossier complexe qui devra être présenté 6 mois avant la commercialisation d’un nouveau produit, ce qui aura comme conséquence de freiner drastiquement l’innovation, qui a permis jusqu’à maintenant de sécuriser les systèmes, mais aussi de couler les petites et moyennes entreprises qui n’auront pas les moyens financiers de s’y conformer.
  • À la demande d’au moins trois pays membres, un produit pourra être interdit à la vente.

Ils sont médecins, pneumologues, tabacologues, addictologues, cancérologues, et ont choisi d’unir leur voix pour lancer un appel en faveur de la réduction des risques du tabagisme et en soutenant ouvertement l’usage de la cigarette électronique.

Ce communiqué fut présenté le mercredi 28 octobre dernier à l’occasion des Premières Rencontres de la Vape organisées à Paris. Le Dr Philippe Presles, président du comité scientifique de l’association SOS Addictions, est à l’origine de ce projet qui a pour objectif « une prise en compte sincère du potentiel de la e-cigarette » dans la lutte contre le tabagisme.

Pour ce faire, les 120 professionnels signataires s’appuient sur le rapport du Public Health England publié par le gouvernement anglais en août dernier. Ce travail a conduit nos voisins d’outre-Manche à faire de la cigarette électronique l’arme principale de lutte contre le tabagisme. L’étude avance en effet que l’e-cigarette est 95% moins nocive que le tabac et appelle donc à en faire la promotion et à en préconiser l’usage.

L’avis du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a été publié ce mercredi. Et il risque de faire polémique. Il souhaite ainsi “d’étendre l’interdiction d’utilisation à tous les lieux affectés à un usage collectif (…) à l’instar des interdictions frappant l’usage de tabac”. Bars, restaurants, cafés et boites de nuit…

Tous les lieux fermés et couverts qui accueillent du public sont directement visés par cette recommandation, afin d’éviter le vapotage passif. Le Haut Conseil de la Santé Publique explique cependant que contrairement au tabac, “les risques liés au vapotage passif sont nuls ou extrêmement limités pour les tiers”.

Rappelons que depuis la promulgation de la loi Santé, qui est intervenue fin janvier 2016, la cigarette électronique n’est pas la bienvenue dans certains lieux publics comme les bureaux, les écoles et les transports en commun.

Nous sommes assaillis de mesures et de contradictions sur la cigarette électronique. Nous ne pouvons que constater que la cigarette électronique peut aider certaines personnes à arrêter de fumer ou du moins de réduire “la consommation de tabac“, lorsqu’elle est considérée dans son usage initial.

Or interrogeons nous sur l’impact de la cigarette électronique sur nos dépendances comportementales, ou cognitives ?

Comment encadrer le phénomène chez les adolescents qui consomme la cigarette électronique sans culpabilité, considérant que c’est normal de vapoter, qui va certainement les conduire à devenir des fumeurs de tabacs ? Nous trouvons même des conseils sur le net comme : « 5 conseils pour bien demarrer avec la cigarette électronique ». 

La cigarette électronique rendrait les fumeurs : anciens fumeurs et les non fumeurs : des fumeurs ? Sommes nous capables de mesurer les risques psychologiques et comportementaux. La question des adolescents et de la cigarette électronique mérite d’être sérieusement traitée.

Sources: